Le premier ministre Mark Carney a annoncé le lancement du Bureau des grands projets le 29 août 2025 à Calgary , établissant ainsi un organisme fédéral centralisé pour accélérer le développement d’infrastructures de grande envergure partout au Canada . Cette initiative fait suite à l’adoption de la Loi Chantiers Canada en juin et vise à réduire les retards bureaucratiques qui ont toujours entravé la réalisation de projets à fort impact à l’échelle nationale.

Le nouveau bureau, dont le siège social est à Calgary et qui compte d’autres bureaux dans les grandes villes canadiennes, est conçu pour servir de point de contact unique pour la gestion et l’accélération des initiatives d’infrastructures structurantes pour le pays. Ces projets comprennent des ports, des chemins de fer, des corridors énergétiques, des projets d’exploitation de minéraux critiques et des systèmes d’énergie propre, considérés comme essentiels aux objectifs économiques et environnementaux à long terme du Canada .
Le Bureau des grands projets (BGP) réduira les délais d’approbation réglementaire fédérale à un maximum de deux ans grâce à la mise en œuvre du modèle « un projet, une évaluation ». Ce faisant, le BGP coordonnera ses efforts avec les gouvernements provinciaux et territoriaux afin d’unifier les processus d’autorisation et d’évaluation environnementale dans un cadre unique. Cet effort vise à mettre fin aux évaluations longues et fragmentées qui ont découragé les investissements et ralenti le développement.
Au-delà de la réforme réglementaire, le BGP sera également chargé de coordonner les structures de financement des grands investissements en infrastructures. Il facilitera l’intégration des financements publics et privés, notamment ceux de la Banque de l’infrastructure du Canada, du Fonds de croissance du Canada et du Programme de garanties de prêts aux Autochtones, dont le budget s’élève désormais à 10 milliards de dollars. Les responsables affirment que cette approche vise à renforcer la confiance des investisseurs , à créer des emplois et à optimiser les ressources des contribuables.
Dawn Farrell nommée à la tête d’une nouvelle initiative en matière d’infrastructures
Dawn Farrell, cadre chevronnée du secteur de l’énergie, a été nommée première directrice générale du MPO. Forte de quatre décennies d’expérience à la tête d’organisations de premier plan, dont Trans Mountain Corporation, TransAlta Corporation et BC Hydro, Mme Farrell apporte une expertise opérationnelle significative en matière de mise en œuvre de grands projets et de gestion réglementaire. Son leadership devrait contribuer à accélérer le déploiement du bureau et à accompagner les projets, de leur conception à leur exécution.
Le MPO intégrera également la participation des Autochtones grâce à la création d’un conseil consultatif autochtone. Ce conseil, dont la nomination est prévue en septembre, sera composé de représentants des Premières Nations, des Inuits, des Métis et des partenaires des traités modernes. Selon le gouvernement, le conseil veillera à ce que les perspectives autochtones soient intégrées à la planification des grands projets, notamment en ce qui concerne la propriété des capitaux propres et la gestion des ressources.
Au cours de l’été, le premier ministre a tenu des consultations auprès des dirigeants autochtones afin d’harmoniser les objectifs du PMO avec les engagements de réconciliation. Afin de soutenir la participation des Autochtones, le gouvernement fédéral a alloué 40 millions de dollars sur deux ans pour renforcer la capacité des communautés autochtones à participer à la planification des projets dès les premières étapes. Cette initiative est perçue comme un pas vers l’intégration de l’inclusion économique des Autochtones dans la stratégie d’infrastructure du Canada, tout en respectant les obligations de consultation prévues par la Loi Chantiers Canada.
Les critiques mettent en garde contre les risques pour les droits des autochtones et l’environnement
Malgré l’accent mis par le gouvernement sur la collaboration et la réconciliation, le MPO a été critiqué par certains dirigeants autochtones et défenseurs de l’environnement. Certains craignent que le processus accéléré ne compromette une consultation significative et n’affaiblisse les mesures de protection environnementale.
Les critiques affirment que privilégier la rapidité au détriment d’un engagement approfondi pourrait porter atteinte aux droits des communautés autochtones, notamment lorsque les projets d’exploitation des ressources naturelles empiètent sur des terres non cédées ou protégées par traité. Le gouvernement prévoit dévoiler la première série de projets d’édification nationale désignés dans les prochaines semaines.
Dans le cadre d’une initiative plus vaste visant à positionner le Canada comme chef de file mondial en matière d’énergie propre et de minéraux critiques, le MPO devrait jouer un rôle clé dans l’accélération du développement des infrastructures et la libération du potentiel économique dans des secteurs stratégiques. Cette initiative est suivie de près par les chefs de file de l’industrie, les investisseurs et les décideurs politiques, car elle constitue un test de la capacité du Canada à moderniser son régime d’approbation des infrastructures tout en conciliant les considérations environnementales et autochtones. – Par Content Syndication Services .
